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FEMMES ET SPORTS

FEMMES ET SPORTS

Les femmes pratiquent de plus en plus une activité physique et sportive et, lors de compétition amateurs ou professionnelles, reportent de nombreux succès. On note toutefois des différences entre les sports féminins et masculins, aussi bien au niveau du choix des sports que de l'investissement et de l'intensité des activités au cours de la vie. L'engagement dans la compétition est également différent puisque les femmes ne représentent qu'environ ¼ des compétiteurs ! La tendance actuelle est à la médiatisation des sports féminins individuels mais les sports collectifs restent sous-représentés. De même les femmes sont peu présentes dans les postes à responsabilité dans le milieu du sport. Cette information fait le point sur les femmes et le sport, femmes qui assument leur féminité et allient sportivité et talent.

LA PRATIQUE SPORTIVE FEMININE…

Les femmes pratiquent moins d'activités sportives que les hommes :

On estime qu'environ la moitié des hommes pratiquent un sport contre 30 à 40 % de femmes. Les femmes arrêtent également plus tôt le sport, vers les 18 ans, alors que les hommes continuent plus longtemps, souvent jusqu'à la trentaine. Notons cependant que les femmes sont de plus en plus nombreuses à s'inscrire dans des clubs et à effectuer une activité sportive régulière !

Les femmes et les hommes ne privilégient pas les mêmes sports :

Les femmes sont majoritaires dans les fédérations de sports de gymnastiques, de danses, les sports équestres. De nombreux sports se sont aussi féminisés : la natation, l'athlétisme, le tennis, le ski ; l'escrime, certains arts martiaux comme l'aïkido ou le taïchi…

Les femmes sont également adeptes des sports collectifs comme le volley, le handball, le basket ou le badminton.

Certaines femmes tendant à choisir un sport, en pratique amateur, pour sa convivialité, les liens au sein d'une équipe, l'image que peut véhiculer ce sport. Les médias et les exploits de leurs homologues influencent parfois les femmes dans leurs choix. On parle d'effet de mode. Cela se produit aussi dans les sports à dominante masculine.

Les activités varient en fonction de l'âge des femmes :

Les femmes délaissent généralement le sport vers 16 ou 18 ans puis y reviennent vers la trentaine.

La gymnastique et l'équitation, par exemple, sont des sports très pratiqués pendant l'enfance puis est arrêté assez tôt dans l'adolescence pour être repris, sur un autre mode, après 35 ans environ. D'autres sports sont repris plus précocement et seront adoptés comme « sport d'entretien » tel le tennis ou la marche.

Les jeux olympiques voient la participation des femmes s'accroitre. Elles ont trouvés leur public dans certaines disciplines, intéressent les médias, les sponsors et les équipementiers. Tout cela contribue à la diffusion et à la démocratisation du sport.

LES DIFFERENCES ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES…

Il existe de véritables écarts de performance entre les femmes et les hommes. Elles tiennent en partie à la différence physiologique de la répartition des graisses et à la différence de caractéristique des fibres musculaires.

Le tissu adipeux est différent :

Le tissu adipeux diffère en quantité, propriétés et répartition corporelle entre les hommes et les femmes.

Les femmes ont en moyenne 30 à 50 % de masse grasse de plus que l'homme et environ autant de masse musculaire en moins, pour un poids et une taille identique. Lors d'exercice d'endurance les lipides constituent une source d'énergie majeure pour les muscles et l'entrainement améliore cette capacité. Chez les femmes on remarque une capacité plus importante à mobiliser les graisses, donc à économiser les réserves musculaires en sucres (glycogène) et à optimiser ainsi leurs performances. C'est pourquoi les écarts d'exploits s'amenuisent entre les hommes et les femmes lors de sports et de compétitions basées sur l'endurance.

L'ordre de mobilisation des graisses varie aussi puisque chez les femmes ce sont d'abord celles des bras puis du tronc et enfin des jambes qui sont mobilisées. Pour les hommes se sont les réserves adipeuses de l'abdomen et du tronc puis des bras et des jambes. Le tissus adipeux des cuisses et des fesses est le dernier à être mobilisé, et résiste particulièrement chez les femmes…

Les caractéristiques des fibres musculaires sont différentes :

Les muscles peuvent être composés de plusieurs types de fibres :

  • Les fibres de type I, ou fibres rouges, qui sont des fibres musculaires à contraction lentes et qui sont résistantes à la fatigue. Elles ont une grande capacité à utiliser les lipides.
  • Les fibres de type IIA, ou fibres intermédiaires, qui sont des fibres à contraction rapide et qui sont aussi résistantes à la fatigue. Elles se trouvent principalement dans les muscles des jambes ;
  • Les fibres de types IIB, ou fibres blanches, des fibres à contraction rapide mais sensibles à la fatigue. Ces fibres utilisent préférentiellement les glucides pour l'apport énergétique rapide. On les trouve principalement au niveau des bras.

Les muscles de hommes sont proportionnellement plus riches en fibre de type II, cela explique les différences de records constatés sur certains épreuves courtes et nécessitant des efforts intenses, comme la course 100 mètres par exemple.

QUELQUES QUESTIONS A SE POSER…

Quel sport pratiquer ?

Lors de reprise de sport après l'adolescence les femmes peuvent avoir plusieurs objectifs en choisissant un sport :

  • Se maintenir en forme et tonique.
  • Sculpter son corps.
  • Développer ses capacités et performances.
  • Evacuer le stress et la tension des tracas quotidiens.

En fonction des objectifs de chaque femme le sport choisi sera différent.

Quel temps y consacrer ?

Le temps consacré au sport sera fonction du temps dont la femme dispose et de celui qu'elle est prête à libérer. Dans de nombreuses situations les femmes voient leur temps pris par le travail, l'entretien de la maison et des enfants. Les longueurs des entrainements sont ainsi parfois écourtées ou c'est la régularité des séances qui en pâtie.

Les entrainements sont aussi fonction du sport et des objectifs à atteindre. De deux séances d'une heure par semaine ils peuvent passer à 5 séances de plusieurs heures !

Quels bénéfices en tirer ?

  • La pratique d'un sport améliore le retour veineux et stimule la circulation lymphatique. En effet, la musculature contribue à limiter la stase veineuse et lymphatique: les vaisseaux des systèmes veineux et lymphatique n'ont pas de paroi musculeuse et ne peuvent donc agir activement sur la circulation; les muscles adjacents, par leur contraction, peuvent palier, en partie, à ce déficit et améliorer ainsi la circulation.
  • Avoir une activité sportive régulière permet également de muscler le cœur, de lutter contre les phénomènes d'athérosclérose et d'artériosclérose, de régulariser la tension artérielle et de lutter en partie contre l'hypertension. En stimulant l'intégralité des systèmes cardiorespiratoire le sport assure aussi l'entretien des capacités respiratoires et de mieux connaitre les phases de la respiration et de les optimiser, de pratiquer la respiration abdominale.
  • Enfin il s'agit de développer son tonus et sa force musculaire, d'entretenir le mécanisme articulaire si le sport est pratiqué dans de bonnes conditions sans contraintes excessives sur les articulations et de préserver, en partie, de l'ankylose. La pratique d'un sport permet aussi de ralentir les phénomènes d'ostéoporose et, les muscles étant plus toniques, permet de maintenir une bonne mécanique osseuse, de maintenir son capital osseux et de limiter des maux de dos, de genoux.
  • Une activité régulière participe à « brûler », consommer les calories excédentaires qui, si elles ne sont pas utilisées, seront stockées sous forme de graisse. Attention cependant, le sport ne fait pas « maigrir » mais il contribue à sculpter et tonifier la silhouette.

LES EFFETS NEGATIFS POTENTIELS…

Lors de sport et d'entrainement à haut niveau il existe un risque de déficit nutritionnel, en particulier lipidique. Il s'ensuit uns stress pour l'organisme et parfois un arrêt des règles. C'est l'aménorrhée, les ovaires se mettent au repos car l'organisme ne possède pas assez de ressources pour supporter une grossesse éventuelle. Cette aménorrhée peut entrainer une ostéoporose précoce majeure délétère.

SPORT ET GROSSESSE : QUELLE ACTIVITES SPORTIVES POSSIBLES ?

Lors de grossesse les besoins énergétiques évoluent sensiblement à la hausse. L'alimentation doit rester très diversifiée et équilibrée.

Les effets de la grossesse sur la pratique sportive :

On observe, pour certaines activités, une augmentation plus précoce du rythme cardiaque et de la consommation d'oxygène chez la femme sportive enceinte. La dépense d'énergie est donc supérieure, pour une même activité, chez une femme qui attend un bébé.

Le système cardio-vasculaire est en partie bouleversé lors de grossesse : le volume sanguin est augmenté, la tension artérielle modifiée. Toutes ces adaptations physiologiques entrainent des modifications de l'adaptation à l'effort par rapport à une femme qui n'est pas enceinte.

Enfin notons que la modification de la forme et du poids corporel influent aussi sur la pratique sportive : le centre de gravité est déplacé, l'équilibre n'est plus le même, il y a un risque accru de mal de dos et enfin il faut être vigilant à l'hyper-laxité ligamentaire qui s'installe sous l'influence des hormones et qui peut être à l'origine de luxations ou entorses.

La pratique d'une activité sportive chez les femmes enceintes doit éviter :

  • La diminution du débit sanguin placentaire qui doit être maintenu à son optimum car il et indispensable au fœtus. Les activités qui diminuent les apports en oxygènes au fœtus sont donc à éviter. Ce sont tous les sports qui sollicitent le métabolisme anaérobie : les activités brèves et intenses, les efforts maximaux… et cela même chez les femmes entrainées qui ont développée leurs capacités respiratoire et métabolique.
  • La production excessive de chaleur corporelle. Si les sports d'endurance sont préférés aux sports d'intensité ils ne doivent cependant pas être de longue durée. En effet, les sports d'endurance de longue durée provoquent une augmentation de la chaleur interne, laquelle peut être néfaste pour la santé fœtale.
  • Les chocs, les traumas et les chutes sont à éviter.

Les activités qui peuvent être conseillées à la femme enceinte :

  • Les activités d'endurance légère ou modérée sont préférables à celle d'efforts intenses ou d'endurance longue. Ainsi la natation, le yoga, la marche, la gymnastique, le vélo… peuvent être pratiqué en début de grossesse sous les conseils d'un professionnel et sous surveillance médicale.
  • Il est déconseillé de participer à des compétitions car elles demandent souvent un effort intense de la part de l'organisme, de faire du sport lors de période de chaleur et de continuer au-delà du 4ème ou 5ème mois de grossesse.
  • Bien entendu un avis médical doit être pris avant de débuter ou continuer un sport et un suivi régulier est nécessaire. Toute activité doit être cessée au moindre signe de fatigue ou de douleur.

Une information médicale consacrée au sport pendant la grossesse développe ce sujet.

LES FEMMES DANS LE MILIEU DU SPORT…

Les opportunités de montrer leur talent sont récentes:

Les femmes ne trouvent pas toujours leur place dans le monde su sport, ou parfois difficilement. En effet, l'opportunité pour les femmes de réaliser pleinement leurs performances, de participer à des compétitions, d'obtenir les mêmes rémunérations, titres et médailles que les hommes est récente, voire pas encore admise dans certains pays ou pour certains sports.

Les hommes bénéficient d'une situation financière plus favorable :

Comme dans le monde du travail classique, dans le milieu de haute compétition, les hommes bénéficient de rémunérations et de conditions de travail plus avantageuses que les femmes. Le tennis, avec les tournois du Grand Schlem, est le très rare sport dans lequel les primes échues aux femmes lors de victoire sont proches de celles des hommes (environ 90% de la somme remise aux hommes). Cette différence vient en partie de la différence de médiatisation des sports féminins et masculins : les compétitions féminines sont moins médiatisées que les compétitions masculines et donc moins sponsorisées. Les circuits du sport féminins génèrent moins de finances. Certaines fédérations luttent contre ces inégalités en stipulant que si une fédération ne prévoit pas le même prix pour les hommes et les femmes lors d'une compétition nationale alors cette fédération ne peut se qualifier pour un tournoi mondial.

On note également que les femmes accèdent moins facilement à des postes élevés dans le milieu du sport. Devenir entraineur ou dirigeante d'une fédération sportive reste encore un parcours difficile pour une femme.

Le sport peut être un facteur d'intégration des femmes :

En fonction des communautés culturelles ou ethniques le sport chez la femme est plus ou moins toléré ou encouragé. De nombreuses associations travaillent à faire découvrir le sport aux jeunes filles et aux femmes, à élargir les mentalités, à promouvoir l'ouverture des disciplines vers le haut niveau pour les femmes, à utiliser la pratique sportive comme un facteur d'intégration sociale et culturelle, même si les jeunes filles et les femmes ne constituent pas la cible majeure des politiques d'insertion sociale par le sport. Notons que les pays qui prônent l'égalité des sexes son ceux dans lesquelles les femmes pratiquent le plus de sport. Il apparaît ainsi qu'au-delà de l'activité de loisir, d'entretien ou de compétition, le sport correspond à une promotion de la femme dans la société.

La protection des femmes dans le milieu du sport :

Il existe plusieurs textes et accords, nationaux, européens et internationaux qui préconisent le respect des femmes dans le milieu du sport. Citons la Déclaration de Brighton de 1994 qui concerne le sport de haut niveau, le groupe de travail français « Femmes et Sports », mis en place par les ministres de la jeunesse, des sports et de la vie associative et de la parité et de l'égalité professionnelle, réseau européen « Femmes et Sport », une structure informelle liée à la Conférence sportive européenne et rassemblant des représentants de gouvernements et de mouvements sportifs européens, la 4ème Conférence internationale des ministres et hauts fonctionnaires responsables de l'éducation physique et du sport qui a adoptée une proposition tendant à créer un « Observatoire sur les femmes, le sport et l'éducation physique ».

Il reste encore des progrès à faire dans le domaine du sport pour les femmes, tant pour leur permettre de réaliser leurs performances en championnats mixtes que pour leur laisser l'accès à des postes à responsabilité dans le domaine professionnel sportif. Notons aussi qu'aujourd'hui les femmes sportives restent féminines et qu'il faut en finir avec les idées reçues : les femmes réalisent de véritables performances sportives qui méritent toute notre attention et notre admiration. Le comité international olympique œuvre actuellement pour que tous les sports admis au programme comportent des épreuves féminines.

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