informations médicales et plantes médicinales

Chutes

 

Un bébé vient de tomber de sa table à langer. Il est pâle, vient de vomir et pleure beaucoup. Il a un gros hématome sur la front. Que faut-il faire ?

 

L’attitude à adopter au moment de la chute dépend de l’existence ou non d’une perte de connaissance.

Une simple surveillance suffit si l’enfant n’a pas perdu connaissance, mais il est préférable, dans tout les cas, de demander conseil à votre médecin.

 

            90% des accidents domestiques sont des traumatismes et, dans la première enfance, les plus fréquents sont les chutes. (Un enfant sur deux fait au moins une chute d’un endroit élevé dans la première année de sa vie, avec un maximum de fréquence entre 5 et 9 mois (J.Lavaud). Les chutes surviennent beaucoup plus souvent chez le garçon que chez la fille.

 

            Certains enfants, sachant à peine marcher, sont de véritables grimpeurs et nécessitent une surveillance de tous les instants. Dès qu’elle se relâche, l’enfant grimpe sur une échelle, un lit superposé, un escalier intérieur, et risque de chuter d’une hauteur parfois importante. Un enfant courant dans l’appartement heurte en pleine course en angle aigu de mur, une porte ouverte ou un aileron de radiateur. La défenestration n’est malheureusement pas exceptionnelle.

 

            Mais la chute d’un nourrisson d’une table à langer demeure l’incident le plus fréquent. « La plupart des accidents, dit Jean Lavaud, directeur de l’antenne pédiatrique du SAMU de Paris, sont liés à la méconnaissance de la part des parents des capacités motrices de leur enfants. » La mère se retourne une seconde pour prendre une couche, un lait de toilette, va répondre au téléphone et laisse le bébé quelques secondes sur la table à langer sans penser qu’un nourrisson est capable de se retourner et de tomber.

 

            Le nourrisson peut également chuter d’un couffin dont l’anse s’est détachée, d’une chaise haute dont les ceintures d’immobilisation sont loin d’être toujours de sécurité .

 

Faut-il faire une radio du crâne ?

 

            Une fois sur deux, l’enfant qui vient de tomber souffre d’un traumatisme crânien. Une radiographie du crâne est alors indiquée, car les fractures sont fréquentes. Elles sont sans gravités quand il s’agit d’un simple trait de fracture, sans déplacement des os de la voûte crânienne. Mais l’absence de fracture ne préjuge pas l’absence de complications.

 

Les bons gestes à faire

 

Le plus souvent l’enfant n’a pas perdu conscience, mais est simplement obnubilé. Il est un peu pâle et vomit à une ou deux reprises. Un tel tableau n’est pas alarmant. Il est cependant préférable de téléphoner à votre médecin pour lui demander conseil.

 

En revanche, des vomissements répétés à distance de l’accident sont un indice de gravité qui nécessite de mettre l’enfant sous surveillance en milieu hospitalier.

            -Si l’enfant s’est blessé en tombant et présente une plaie qui saigne, il faut la comprimer suffisamment longtemps (plus de trois minutes) pour arrêter le saignement, la désinfecter avec de la Bétadine ou du Septeal, et la penser avec une compresse stérile. Il peut être nécessaire ensuite de poser du Steri-Strip ou des points de suture.

            -En cas de choc violent, l’enfant perd souvent connaissance un bref instant, mais reprend conscience très vite. Il faut néanmoins le surveiller la première nuit en le réveillant toutes les trois heures pour ne pas passer à côté d’un état comateux débutant.

            -Si la perte de connaissance immédiate se prolonge, Il faut mettre l’enfant en position de sécurité ( en position latérale ou ventrale, une jambe étendue, l’autre fléchie, la tête tournée sur la côté, surélevée de 20° de façon à ce que la bouche soit en position déclive) et composer le 15 pour appeler le SAMU.

 

Un danger d’apparition secondaire : l’hématome sous-dural

 

            La plupart des chutes du jeune enfant sont sans gravité et tout rentre dans l’ordre rapidement . Mais on doit avoir la hantise de l’hématome sous-dural, dont les signes peuvent n’apparaître que trois à quatre jour après l’accident. (Les méninges sont un ensemble de trois membranes enveloppant le cerveau. De l’extérieur vers l’intérieur, on trouve la dure-mère, membrane fibreuse et résistante, l’arachnoïde et la pie-mère. Entre l’arachnoïde et la pie-mère se trouve l’espace sous-arachnoïdien, où circule le liquide céphalo-rachidien. L’hématome sous-durale est secondaire à un saignement artériel ou veineux qui se développe lentement à l’intérieur de la boîte crânienne entre la dure-mère et l’arachnoïde)

            Le saignement est très progressif et l’hématome ne donne, dans les premiers jours, aucun symptôme : c’est l’ « intervalle libre ». Bientôt, des signes de souffrance du cerveau apparaissent : le nourrisson vomit, devient de plus en plus somnolent ou à l’inverse est très agité et convulse. Si on examine ses pupilles, on voit qu’elles sont asymétriques et que l’une d’elles ne se contracte pas à la lumière. L’enfant doit être hospitalisé d’urgence en neurochirurgie où un scanner cérébral confirmera l’existence de l’hématome sous-dural. Une intervention est indispensable pour évacuer l’hématome. (L’hématome extra-dural, situé entre la dure-mère et l’os, est plus rare chez l’enfant. L’intervalle libre est moins net et, après la chute, l’enfant reste somnolent et vomit. Sa pâleur témoigne de la spoliation sanguine due au saignement. Le scanner confirme l’hématome (aspect de lentille biconvexe) et l’indication d’intervenir.)

 

Un impératif : prévenir les chutes

 

            La surveillance de tous les instants est le moyen le plus efficace pour éviter les chutes. Il ne faut jamais laisser un jeune enfant seul, mais avoir toujours la possibilité de contrôler son activité d’un seul regard.

 

            Surveillance n’est pas sur protection. Elle laisse au contraire à l’enfant sa liberté de mouvement et de jeux, à condition que l’environnement soit aménagé et adapté à son âge et aux dangers potentiels qu’il court (La défenestration, par exemple, peut être évitée par des bloque-fenêtres qui permettent simplement d’entrebâiller les fenêtres. D’autres systèmes d’ouvertures ne sont praticables que par des adultes.)

           

 

 

Informations médicales