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Hyperthermie – coup de chaleur

Quelle est la cause de la fièvre?

Elle est le plus souvent due à une maladie infectieuse

Chez l'enfant, les poussées fébriles transitoires sont dues, dans la majorité des cas, à une maladie virale qui guérit spontanément. La fièvre n'implique donc pas la prescription systématique d'un antibiotique.

Parfois inexpliquée

Dans un certain nombre de cas, l'origine de la fièvre reste inexpliquée

La fièvre est un moyen de défense de l'organisme contre l'infection

Les agents responsables de la maladie fébrile n'agissent pas directement mais induisent la formation par l'organisme d'une substance appelée pyrogène "endogène".

Ce facteur augmente la mobilité des globules blancs et accroît leur capacité de destruction microbienne (bactéricide). Il stimule les processus immunitaires avec prolifération des lymphocytes B et T2, augmente la production des anticorps par les cellules de la rate et favorise enfin la production d'interféron.

Les dangers d'une fièvre élevée

La fièvre augmente la consommation d'oxygène, la consommation calorique et les besoins en eau.

En l'absence de traitement antithermique et d'une hydratation suffisante, une fièvre élevée peut être dangereuse chez le nourrisson et le jeune enfant, et provoquer une déshydratation ou des convulsions.

Lorsque la température dépasse 41°, il y a un risque d'une hyperthermie majeure, dont la gravité est extrême.

Les moyens de lutte contre la fièvre

Les parents disposent, pour lutter contre la fièvre, de moyens physiques et de médicaments antipyrétiques.

Les moyens physiques

Ils sont essentiels. Ils facilitent la thermolyse et permettent d'augmenter les pertes de chaleur par convection et/ou par évaporation.

L'enfant, dans une pièce dont la température ne dépasse pas 20°, doit être découvert (les parents font souvent l'inverse et couvrent l'enfant de peur qu'il n'attrape froid).

Baigner l'enfant dans une eau dont la température est inférieure de 2° à la sienne en mouillant sa tête et en ramenant progressivement l'eau du bain à 37 degrés. Ce bain doit durer cinq à dix minutes.

Éviter un refroidissement trop rapide, qui peut être dangereux. Les enveloppements froids et l'application d'une vessie de glace, sont contre-indiqués. En effet, ils provoquent une vasoconstriction des vaisseaux superficiels de la peau, ce qui entrave la libération de chaleur et peut faire remonter brutalement la température.
La lutte contre la déshydratation est primordiale. Il faut donner à boire à l'enfant par petites quantités et très souvent (150 ml par kg et par 24 h au minimum).

Les antipyrétiques

Deux médicaments sont utilisables chez l'enfant: l'aspirine et le paracétamol. Les parents doivent connaître les doses à ne pas dépasser par 24 heures: 50 mg par kilo pour l'aspirine et 20 à 30 mg par kilo pour le paracétamol.
Il ne faut pas associer les deux médicaments aux doses maximales.

On peut donc les utiliser de façon alternée, toutes les quatre heures, par exemple. Les travaux récents ont montré que pour le paracétamol, cette posologie pouvait être dépassée et atteindre 60 mg/ par kilo et par 24 h. L'alternance avec l'aspirine est alors inutile.


L'hyperthermie et la fièvre

L'homme est un homéotherme

Température constante

La température centrale de l'homme est constante et se maintient à un point d'équilibre, se situant autour de 37 degrés.

Equilibre

Cette homéothermie résulte d'un équilibre entre la thermogenèse, fabrication de chaleur, et la thermolyse, destruction de chaleur. La thermogenèse est assurée par les réactions biochimiques au niveau des graisses et des muscles, et par l'activité musculaire.

Convection - radiation - conduction

La thermolyse est assurée par convection (réchauffement des couches d'air avoisinantes, qui diminue si l'ambiance est surchauffée), par radiation, qui diminue si l'enfant est trop couvert, par conduction, qui diminue si la circulation sanguine se fait mal et surtout par évaporation au niveau de la peau et des voies respiratoires.

Centre thermorégulateur

Il existe dans les profondeurs du cerveau un centre thermorégulateur qui agit comme un véritable thermostat. Il détermine un point d'équilibre auquel doit être maintenue la température du corps. Il reçoit les informations et déclenche les réactions d'adaptation permettant à la température de se maintenir à 37 degrés.

La température du corps peut s'élever dans deux situations très différentes:

Dans l'hyperthermie

Le point d'équilibre n'est pas modifié. Il y a augmentation de la production de chaleur due à un exercice musculaire intense, à une diminution de la sudation, à une ambiance trop surchauffée et à des apports d'eau insuffisants.

Si des mesures adéquates ne sont pas prises rapidement, les mécanismes régulateurs sont débordés: c'est le coup de chaleur.

Dans la fièvre

Le point d'équilibre est modifié vers le haut. Cette élévation du point d'équilibre est provoquée par des substances qu'on appelle « pyrogènes ", qui apparaissent dans l'organisme au cours des affections microbiennes ou virales. Elles agissent au niveau du thermostat central en favorisant la synthèse de prostaglandines.

Le centre thermorégulateur envoie donc des messages pour augmenter la thermogenèse et élever la température du corps à ce nouveau point d'équilibre (les frissons de la poussée de fièvre augmentent la fabrication de chaleur).

Cette augmentation de la température centrale est elle-même contrôlée par un mécanisme inverse (feed back) pour qu'elle ne s'élève pas dans des proportions dangereuses (au-dessus de 410). Dans quelques cas exceptionnels, le mécanisme de rétrocontrôle est débordé et la fièvre dépasse 41 degrés.

Que faire si la fièvre persiste?

Surtout ne pas donner d'antibiotiques «à l'aveugle »

Ils peuvent masquer les symptômes d'une infection sévère débutante (méningite, infection urinaire, etc.) et en rendre le diagnostic plus difficile et le traitement plus aléatoire.

Trouver la cause d'une fièvre persistante peut être difficile

Le pédiatre doit d'abord examiner minutieusement l'enfant et interpréter les signes associés (frissons, diarrhée, vomissements, toux, douleurs en urinant, etc.).

Des examens complémentaires (numération formule sanguine, vitesse de sédimentation, examen des urines, radiographie des poumons) peuvent être nécessaires.

La thermopathomimie

Un enfant d'âge scolaire peut, pour des raisons diverses, truquer sa température. Des contractions rythmées de l'anus pendant la prise de température sont suffisantes pour la faire monter de quelques degrés.

Il faut en cas de doute, prendre la température, l'enfant couché sur le ventre, en lui demandant de ne pas contracter les fesses. Si la fièvre est simulée, ne pas faire de drame, mais dire simplement à l'enfant qu'il est guéri et qu'il peut retourner en classe.

Ensuite, il faut s'efforcer de comprendre les motifs de son geste et de voir ce qui ne va pas.

L'hyperthermie majeure du jeune enfant

La tradition populaire redoute à juste titre les fortes élévations de température chez le jeune enfant: un enfant âgé de moins de 2 ans et demi dont la température dépasse 41 degrés court de grands dangers sur le plan vital et risque, en l'absence d'une intervention rapide, de lourdes séquelles neurologiques.

Ce syndrome d'hyperthermie majeure entraîne une augmentation considérable des besoins cellulaires, besoins en oxygène en particulier. On peut donc observer une anoxie (privation d'oxygène) au niveau des cellules du cerveau.

L'aspect de l'enfant est trompeur: il est pâle, son pouls et sa respiration sont rapides, mais, malgré une température qui dépasse 41 degrés, ses extrémités sont froides (par vasoconstriction des vaisseaux périphériques). Il suffit de poser la main sur son front pour percevoir l'importance de l'hyperthermie.

En l'absence d'intervention, l'évolution est très défavorable: hémorragies avec troubles de la coagulation, diminution du débit des urines, voire blocage complet du rein (anurie), convulsions et troubles respiratoires.


Il faut donc suivre immédiatement les conseils indiqués précédemment et hospitaliser l'enfant d'urgence. Si on le peut, injecter par voie rectale une dose de valium en fonction du poids de l'enfant.
L'hopital doit être prévenu afin de préparer l'accueil de l'enfant. Pendant le transport, il doit être découvert.
Le meilleur traitement est préventif. Les parents doivent être conscients du danger de trop chauffer une pièce et de trop couvrir un enfant fébrile sans l'hydrater de façon suffisante.

 

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